Bilan / assessment

1 - drapeau France (For English, please scroll down)

Voilà, le voyage est fini…
De retour en France.
Après avoir complété le blog, il est temps de faire le bilan de cette aventure.
Dur d’essayer de résumer une telle aventure mais on me demande souvent les mêmes choses alors je vais répondre aux questions qu’on me pose le plus souvent :

 

  • 1. Combien de temps suis-je parti?

Comme le blog l’indique plutôt bien à mon sens, le voyage a duré exactement 339 jours.
Cela représente donc 11 mois et 3 jours. Ça correspond plutôt à ce que je m’étais fixé, à savoir rentrer en Avril/Mai 2016.

Sur ces 339 jours, les pays où je suis resté le plus longtemps sont:
1. Nouvelle-Zélande         53 jours
2. Australie                          47 jours
3. Iran                                     38 jours
4. Thaïlande et Malaisie  27 jours
6. Chine + Hong-Kong      21+4=25 jours
7. Turquie                              23 jours
8. Grèce                                  14 jours

A l’inverse, les pays où je suis resté le moins longtemps sont:
1. Slovénie                            2 heures (26 km de vélo)
2. USA                                    2 heures 50 minutes (transit à l’aéroport de Los Angeles!)
3. France                               4 heures (sans compter le temps passé en ambassade/consulat!)
4. Allemagne                       4 heures 30 (transit à l’aéroport de Francfort)
5. Turkménistan                  1 jour
6. Singapour                         2 jours
7. Bosnie-Herzégovine     3 jours
8. Suisse et Kazakhstan    4 jours

 

  • 2. Combien de pays ai-je traversés?

J’ai été dans 27 pays en comptant Hong-Kong comme un pays à part entière (formalités de visa particulières et monnaie différente).
Je n’ai cependant fait du vélo “que” dans 25 pays (transit en aéroport via Los Angeles et Francfort).
bilan pays-distance.jpg

  • 3. Suis-je parti seul?

Je suis en effet parti seul.

Enfin, j’ai été rejoint dès le deuxième jour par Quang, mon beau-frère, qui a roulé avec moi à travers la Suisse.
Certains jours j’ai rencontré d’autres cyclistes avec qui j’ai roulé, à chaque fois au plus une journée entière. Ce fut le cas :
–           en Bosnie avec Dario,
–           en Turquie, brièvement avec Sam & Fredrik, puis Yusuf et enfin Koshi.
–           en Azerbaïdjan avec Andjali & Camille,
–           au Laos avec Tom, Denise & Lara
–           en Australie avec Pascal
–           en Nouvelle-Zélande avec Darnell.

Et puis j’ai partagé mon aventure avec Sanaz qui m’a rejoint pour 172 jours de voyage ensemble, dont 71 étapes où nous avons pédalé ensemble une distance d’environ 3’600 km!

 

  • 4. Ai-je fait du vélo tout le temps?

Bien évidemment que non!
Sur les 339 jours de ce voyage, j’en ai passés 218 sur la selle.
Et sur ces 218 jours, 43 ont été pour me déplacer dans une même ville.
Ça représente donc 175 étapes d’une ville à l’autre, à vélo, soit un peu plus de la moitié des jours (51%)

Je me suis arrêté dans certaines villes en fonction des circonstances. La plupart du temps pour me reposer ou visiter mais aussi parfois un peu forcé, en particulier pour des formalités de visas, ce qui explique les longs séjours à Téhéran (32 jours), Kuala Lumpur (22 jours) et Athènes (9 jours).

  • 5. Quelle distance ai-je parcourue?

Alors, en terme de distance, on peut distinguer la distance à vélo et la distance globale.
Le but à la base était de faire un voyage à vélo donc j’avais envie d’en faire autant que possible, mais de m’accorder des jours de pause, non seulement pour récupérer, mais aussi pour visiter.

J’avais planifié au mieux avant de partir en étudiant le trajet et je pensais pouvoir atteindre environ 21’000 km en pédalant au rythme prévu.

Au final j’ai roulé environ 13’600 km, donc environ les 2/3 de la distance prévue.
Ceci s’explique simplement. Jusqu’en Septembre j’étais parti sur des bonnes bases avec 5’800 km pédalés en moins de 4 mois. La pause « forcée » en Iran pendant un mois en Octobre et le fait de rouler avec une néophyte ont changé la donne.

Les graphiques ci-après illustrent bien l’évolution :distance par mois.jpg
Ainsi que la différence entre avant et après Hanoï, moment à partir duquel j’ai cessé de voyager seul :bilan daily distance.jpg

 Alors que jusqu’à Hanoï je roulais plus de 90 km 41% des jours, après Hanoï ce fut à peine 13%.
A l’inverse jusqu’à Hanoï je roulais moins de 60 km 37% des jours, après ce fut 55%. 

En terme de distance totale ce fut environ 62’000 km, soit 1,5 x la circonférence de la terre à l’équateur!

La distance à vélo n’a représenté « que » 22% de la distance globale.
Comme le montre le tableau ci-dessous:bilan transports.jpg

Quasi la moitié de la distance fut en avion en comptant les 3 vols retour représentant 20’000 km!
Le moyen de transport le plus utilisé après l’avion (et le vélo) fut le train.
24 fois j’ai pris le train, dans 8 pays différents.
Vient ensuite le bus (sauf exception il s’agit uniquement de bus de ligne) dans 9 pays différents, 25 fois.

 

  • 6. Quelle distance la plus longue ai-je pédalée?

L’étape la plus longue a duré 169,71 km selon mon compteur de vélo, 167,28 km selon l’application MapMyRide. Ce fut au 90ème jour de voyage, le mardi 22 Septembre, en Azerbaïdjan entre Sanqaçal et Qarazancir. 2 villes parfaitement inconnues en effet. En gros à mi-chemin entre la capitale Bakou et la frontière iranienne. Ce jour-là je me suis levé tôt à 7h19 (avant le lever du soleil!) après une nuit en camping sauvage et j’ai roulé jusque tard vers 21h (après le coucher de soleil) en passant par l’autoroute au milieu d’une zone désertique et très plate (180 m de dénivelé positif sur la journée selon mon compteur).

J’avais amélioré mon précédent record de 165,1 km, établi le 77ème jour en Géorgie entre Borjomi et Tbilissi. A noter que ce jour là, étant malade j’étais parti très tard après 13h30 mais arrivé peu avant 23h. Ce fut ma meilleure vitesse moyenne sur une journée avec 24,86 km/h bien aidé par les conditions météorologiques (vent de dos), topographiques (beaucoup de descente pour sortir du petit Caucase) et une bonne chaussée (autoroute principale).

  • 7. Quelle distance moyenne ai-je pédalé?

Avec les chiffres précédents (218 jours pédalés pour 13’591 km au total) et une simple règle de 3 on calcule que j’ai roulé en moyenne 62,3 km/jour.
Néanmoins, ce chiffre englobe les jours de vélo dans une même ville (visite ou trajet logement ←/→ transport).

Pour correspondre aux 175 étapes proprement dites, de ville à ville, on calcule plutôt 73 km/jour.

  • 8. Combien de temps par jour ai-je pédalé?

En moyenne, sur les 218 jours de vélo j’ai pédalé 789h/218= 3h 37minutes.
Sur les 175 étapes cela fait en revanche 745h/175 = 4h 16minutes.

L’étape la plus longue fut l’avant-dernière étape de l’île du Sud en Nouvelle Zélande avec 8h 51minutes de vélo, juste 1 minute de plus que pour aller de Podstrana en Croatie à Mostar en Bosnie.
À seulement  
– 9 reprises j’ai pédalé plus de 8 heures,
– 8 fois entre 7 et 8 heures,
– 15 fois entre 6 et 7 heures
– et 29 fois entre 5 et 6 heures.

  • 9. Quel a été mon pays préféré?

Je n’aime pas trop devoir classer les pays car chacun a eu du positif.
Néanmoins, je garde sans doute de meilleurs souvenirs de certains d’entre eux.
La Thaïlande fut agréable à bien des égards.
La Nouvelle-Zélande malgré le temps mitigé fut magnifique.
L’Australie également, en particulier sa démesure et la gentillesse de nombreux hôtes.
L’Albanie fut une bonne surprise et un challenge à vélo avec ses nombreuses routes longeant les montagnes qui se jettent dans la mer Adriatique.
La Turquie fut intéressante également avec beaucoup de gens chaleureux.

A l’inverse le Turkménistan ne fut pas mon pays préféré, ni l’Ouzbékistan.

  • 10. Ai-je eu des difficultés de communication?

En général j’arrivais plus ou moins à me faire comprendre.
La barrière de la langue a existé avec la population dans certains pays.
Parlant moi-même couramment français, anglais et allemand et ayant des bases utiles en russe, j’ai pu communiquer avec la plupart des gens. Mon espagnol m’a peu servi.
Les pires pays furent l’Italie et la Chine.
En Italie pas grand monde que j’ai rencontré ne parlait anglais. Et en Chine non plus!
J’avais bien Google Translate sur mon téléphone, mais souvent les gens ne comprenaient pas que je voulais qu’ils tapent sur mon téléphone la phrase en mandarin pour que ça le traduise!
J’étais aussi surpris de voir que dans des soi-disant « hôtels internationaux » le personnel à la réception ne parlait pas l’anglais!!!

  • 11. Est-ce que j’ai eu peur ?

Quand on est un simple et vulnérable cycliste et qu’on roule aussi longtemps on craint toujours d’avoir un accident. Dieu merci je n’ai pas eu de sérieux:
–           en Italie un camping-car immatriculé dans le Canton de Vaud (Suisse) m’a bien percuté et renversé dans un rond-point en continuant sa route certainement sans s’en être rendu compte… Petite frayeur et grosse colère à ce moment là.
–           en Albanie une conductrice m’a fait un refus de priorité mais j’ai pu freiner à temps.
–           en Azerbaïdjan, un bus venant en sens inverse et dépassant une voiture malgré la ligne continue a bien failli me percuter mais je l’ai vu à temps et ai quitté la route…
–           à Auckland, pour mon dernier jour de vélo, je me suis fait cogner par un automobiliste qui quittait sa place de parking sans regarder dans le rétro, heureusement à faible vitesse…

Sanaz ne peut pas en dire autant. Sur les premiers jours au Vietnam et au Laos, elle a fait 3 chutes, 2 accidents avec des motos et une chute en descente par-dessus son guidon! J’ai eu peur pour elle là.

Sinon je n’ai jamais vraiment eu peur sinon lorsque j’ai été poursuivi par le premier chien méchant, en Albanie (encore!). Une vraie plaie là-bas. Je me suis surpris moi-même en le semant en montée, comme si une poussée d’adrénaline m’avait aidé à pédaler plus fort. Il valait mieux car s’il avait réussi à mordre ma cheville ça aurait fait mal…
Suite à cet incident j’ai voyagé quasi tout le temps avec une branche sur le vélo en cas de nouvelle attaque de chien. J’ai même acheté du pepper spray en Malaisie, qui s’est avérée inutile car je n’ai croisé plus aucun chien méchant.
Hormis les chiens c’est un frelon dans ma tente en Géorgie qui m’a un peu effrayé, ou les quelques serpents venimeux «tiger snakes» croisés en Australie. Mais la plupart avaient autant peur de moi que moi d’eux!

Mes branches ou mon pepper spray n’ont en revanche pas été utiles vis-à-vis de la police en Iran. Mon arrestation pendant 7 heures pour avoir pris une malheureuse photo d’une montagne qui s’est avérée être une zone militaire m’est restée en travers de la gorge. Se voir privé de liberté aussi longtemps, enfermé dans un commissariat secret avec aucun droit d’appeler son ambassade ou qui que ce soit d’autre fut assez stressant. Là j’ai eu peur de finir en prison avec un gros sentiment d’injustice.

Dans une autre mesure, lorsque je faisais du camping sauvage, je prenais soin d’installer ma tente dans un endroit reculé, à l’abri des regards. On ne sait jamais sur qui on peut tomber. Je connais des cyclotouristes qui ont connu quelques déconvenues pendant leur sommeil…

  • 12. Est-ce que j’ai voulu arrêter?

Une fois la décision de partir je n’ai jamais voulu faire marche arrière.
Hormis cette arrestation en Iran qui m’a fortement « déçu », je n’ai jamais perdu ma motivation.

  • 13. Combien de crevaisons ai-je eues?

J’ai eu 11 fois des crevaisons, ce qui en moyenne fait donc 1235 km entre chacune.
Sachant que la première est survenue en Turquie après 61 jours et 3’500 km avec ce pneu.
La seconde a eu lieu 25 jours plus tard à Bakou en revenant du magasin où j’avais acheté un nouveau pneu, le Schwalbe Marathon présentant un défaut et n’étant plus ni confortable, ni même sûr.

Impossible de retrouver un Schwalbe. J’ai donc opté pour un Kenda, marque que je ne connaissais pas, mais qui est répandue en Asie et en Amérique d’après ce que j’ai vu.

Ce pneu (pliable) a eu 6 crevaisons en 3 mois par la suite, en 3’500 km

A Bangkok, j’ai pu racheter un Schwalbe Active qui a plutôt bien tenu avec seulement 3 crevaisons jusqu’à la fin, en 5’000 km.
Certaines crevaisons ont été assez pénibles à réparer. À Pékin par exemple, j’ai dû m’arrêter 4 fois entre l’aéroport et l’auberge de jeunesse pour réparer, sous la pluie. En Nouvelle-Zélande j’ai bien galéré aussi, avant Tekapo…carte crevaisons.jpg

  • 14. Ai-je eu des problèmes mécaniques ou de la casse?

J’ai déjà parlé des crevaisons ci-dessus. Mais ça reste mineur.
Sinon le vélo a bien tenu, sans vraiment de casse. Je recommande donc ce VSF TX-400!

Le premier souci, seulement découvert en Turquie à ma première crevaison, fut que les trous de mes jantes n’étaient pas assez larges pour les  valves des chambres à air que j’avais emportées et qui sont le plus répandues, surtout en Asie. En effet j’avais emporté des Schrader (valves de pneus de voiture) alors que les trous suffisaient seulement pour des Presta. Ce n’est qu’à Bangkok que j’ai pu usiner pour les élargir et résoudre ce problème.

Le deuxième souci fut mon compteur Sigma qui a mal fonctionné en quittant Boukhara en Ouzbékistan. Il a pu être réparé à Chymkent (Kazakhstan) quelques jours plus tard mais a recommencé à mal fonctionner au Vietnam. Puis carrément à ne plus fonctionner sauf en fonction thermomètre ou altimètre…
J’en ai alors racheté un autre à Bangkok, un Cateye, marque bien plus répandue là-bas.

Les patins de freins hydrauliques Magura se sont usés normalement et j’ai pu en retrouver à Bangkok. Je les ai changés à l’avant à Kuala Lumpur sur les bons conseils d’Akmal qui s’y connaissait bien.

En Nouvelle-Zélande, un jour où j’étais bien chargé, ma béquille a fini par casser sous le poids du vélo. Assez embêtant pour s’arrêter n’importe où sans avoir à se soucier de l’équilibre du vélo. Et malheureusement impossible de retrouver une béquille solide ensuite. J’ai donc fait sans, avec ma branche pour m’aider parfois!

  • 15. Comment me suis-je logé?

J’ai dormi la majorité des nuits en hébergement payant :
– 100 nuits en auberges de jeunesse/hostel,
– 58 nuits en hôtel,
– 1 nuit en Bed&Breakfast et 9 nuits en camping payant.

A l’inverse, j’ai logé gratuitement :
– 129 nuits chez l’habitant chez 53 personnes différentes dans 14 pays différent,
– 22 nuits en camping sauvage

Le reste des nuits a été passé :
– dans les transports
    * 9 en train dans 6 pays
    * 4 en bus
    * 3 en avion
– 1 à l’hôpital !hébergements.jpg

  • 16. Combien ça m’a coûté?

Haha, l’argent, le nerf de la guerre…
Quand on se lance dans un tel projet on y pense forcément, même s’il ne faut pas se focaliser dessus.
Il y a des impondérables :
– le coût du vélo et plus généralement du matériel
– les frais de transports
– les frais de visas
– se désaltérer, se nourrir et se loger

Viennent s’ajouter divers coûts qu’on peut plus ou moins éviter selon l’envie ou le besoin :
– sorties / visites
– boissons
– frais de santé
– assurance (médicale ou autre)

J’avais budgétisé 1’000€/mois donc ça aurait dû me coûter environ 10 k€ pour 10 mois.
Mon voyage ayant duré presque un mois de plus la facture a augmenté.
Par ailleurs j’ai sur la fin dû subvenir à l’essentiel des frais de Sanaz et moi-même.

Il est donc difficile de comparer le budget initial et le coût réel, compte tenu du «changement de programme» mais ce fut de l’ordre de 15 k€.

  • 17. Ai-je croisé d’autres cyclotouristes?

J’en ai croisé 70 fois dans 18 pays. Une centaine de cyclotouristes au total!
Ils étaient d’une trentaine de nationalités différentes!
liste-cyclistes-croises

Le pays où j’en ai croisés le plus fut la Nouvelle-Zélande : 25 d’entre eux à 12 endroits différents!

  • 18. Quelle fut la plus grande difficulté?

Il n’y a pas eu de difficulté majeure.

Sans avoir fait face à des conditions dantesques, j’ai néanmoins un peu souffert du climat par moment. Le froid en Asie centrale, la chaleur dans les Balkans et au Proche-Orient. Sans hésitation, je préfère rouler sous une forte chaleur que dans un grand froid!
Le vent de face fut gênant par moments, en Australie par exemple il fut assez handicapant et ralentissant.

Quand on pense vélo, on pense forcément au relief aussi. Les cols furent souvent des challenges. Je fus vite rassuré en franchissant sans mal le point culminant du voyage, le Col du Gothard (alt=2’105m) dès les premiers jours. Mais j’avais encore pas autant de poids de bagage. Et ce fut en 2 journées avec un peu de train. Dans les Balkans, la Cappadoce, le Caucase ou dans l’île du Sud de NZ, j’ai dû faire face à de plus forts dénivelés quotidiens.

Les chiens qui ont essayé de me mordre furent une certaine difficulté. Les plus agressifs ont été en Albanie, en Turquie ou en Thaïlande. Mais je me suis équipé pour me protéger.
J’ai eu affaire à la police 15 fois dans 9 pays différents! Pas toujours pour les mêmes -raisons, bien au contraire…

  • La première fois en entrant dans Milan et avoir grillé un des nombreux feux. L’officier francophone et plutôt sympa m’a laissé repartir sans me verbaliser.

Je n’ai plus croisé la police jusqu’en Asie centrale et là j’ai tout connu, le pire comme le meilleur…

  • Le record fut l’Azerbaïdjan où en seulement 11 jours j’ai eu affaire à eux 4 fois!
    Mais rien de grave. La première fois ce fut avant Gança la plus grande ville de l’Ouest du pays. Je me suis fait contrôler tard le soir par la «Yol polisi» (police de la route) à un poste installé au bord de la route. Voyant que j’étais fatigué ils m’ont offert un repas chaud que j’ai pu prendre sur le parking du commissariat, à côté de leurs BMW flambant neuves!
    Le lendemain, alors que je cherchais désespérément une carte papier du pays -chose assez rare- ce fut un jeune inspecteur de police qui m’emmena dans sa voiture avec chauffeur faire le tour des librairies d’une petite ville et m’offrit une carte que nous avons trouvé dans la 3ème librairie!

Toujours en Azerbaïdjan, le 17 Septembre je fus réveillé dans ma tente par la police puis ce même jour la police de la route –encore eux !- m’obligea de m’arrêter au commissariat au bord de l’autoroute à la sortie de Kürdamir. Pourquoi? Parce que l’autoroute était interdite au trafic pour cause de… visite présidentielle dans cette ville ce jour là!

  • Comme expliqué plus tôt l’arrestation la plus ennuyeuse fut celle en Iran, la plus longue aussi, pendant 7heures… Une expérience assez angoissante.
  • Au Turkménistan, au milieu du désert au bord d’une route sans fin et peu empruntée, se dresse un tout petit poste de police qui s’apparente plus à un check-point qu’à un commissariat. Je trouve péniblement dans le froid et la pluie. En passant, les 2 jeunes officiers me demandent de m’arrêter et sont intéressés par mon voyage. On discute tant bien que mal, un peu en russe, un peu en anglais, par croquis aussi!
  • En Ouzbékistan, la police semblait plus encline à arrêter les photographes que les voleurs…
    Lorsqu’on m’a volé mes lunettes dans une gare et que je l’ai signalé au commissariat voisin, les policiers n’ont pas semblé très concernés et ont seulement rigolé. Par contre lorsque j’ai pris une photo dans la gare de Tachkent ou avant la frontière ils ont voulu m’arrêter mais j’ai réussi à m’en défaire !
  • Au Kazakhstan, la police était sympa et m’a même indiqué où trouver de la bière après 22h alors que c’était apparemment interdit d’en acheter si tard!
  • En Chine, j’ai sympathisé avec un officier qui parlait un peu anglais -après avoir servi dans la force internationale au Timor Oriental- et qui m’a offert du thé, aidé à trouver un hôtel bon marché et invité à visiter la ville!
    Le lendemain, ses collègues qui m’ont arrêté car je roulais sur une route qui ne menait nulle part, m’ont ensuite escorté vers la bonne route!
  • Au Vietnam, la police que nous avons appelée après le deuxième accident de Sanaz s’est montrée coopérative et s’est occupée de nous trouver un bus et s’est même cotisée pour payer un billet!

Enfin, en Nouvelle-Zélande, un policier bien zélé a jugé utile de m’arrêter car mon bâton dépassait de 20cm de trop de mon vélo…carte-police
D’un point de vue organisation, tenir le planning compte tenu des divers aléas, en particulier les déboires liés aux visas, fut une certaine difficulté. Pouvoir anticiper les délais et réserver les billets d’avion assez tôt sans se ruiner non plus.
Enfin, cela vous étonnera peut-être, mais j’ai eu du mal à m’habituer aux toilettes à la turque! Quelle ne fut ma joie lorsque j’ai retrouvé des WC « normaux » en Chine, après 13 semaines!

  • 19. Est-ce difficile de rentrer après un si long voyage ?

Je savais que c’était prévu depuis le début alors j’étais préparé. C’est vrai que ça fait bizarre de redevenir “sédentaire”. Qui plus est très jet laggué! Mais on s’adapte vite.

  • 20. Ai-je eu envie de m’arrêter dans un pays?

Non, pas du tout. Le but était de voyager, d’aller d’un point A à un point B et de rentrer en France.

  • 21. Est-ce que j’envisage de repartir?

A l’origine je pensais continuer à traverser les Amériques après la Nouvelle-Zélande. Mais ça m’aurait pris bien trop de temps. Peut-être qu’un jour je le ferai, au moins en partie… Mais il y a d’autres endroits où rouler aussi et pas besoin d’aller bien loin pour trouver de beaux itinéraires.

  • 22. Qu’est-ce que ça m’a apporté?

Plein de choses!

J’ai plein de souvenirs en tête après avoir été dans tellement de villages, de villes et pays différents, avoir rencontré tant de gens aussi! Et pas qu’en tête puisque j’ai pris pas mal de photos aussi!

J’ai découvert de mes propres yeux de nouveaux paysages, de nouveaux animaux, de nouvelles plantes!
Dorénavant, quand j’entends parler de l’actualité dan les pays traversés, ça me parle encore plus et je vois ça sous un autre prisme, avec le sentiment d’en faire un peu partie.
Par exemple l’attentat à Istanbul, les décès du président ouzbèke ou du roi de Thaïlande…

Ça m’a rassuré sur la « bonté humaine ».
On peut avoir tendance à avoir peur de l’autre ou douter de la nature humaine à force de voir toutes ces informations négatives ou anxiogènes.
Ce que j’ai noté c’est que partout où je suis passé, hormis quelques rares expériences négatives, j’ai rencontré des gens bien intentionnés, aimables, généreux et serviables.
Ce fut plus le cas dans les campagnes que dans les grandes villes. Ça ce fut une constante dans tous les pays : plus on est dans une grande ville, plus les gens deviennent indifférents voire égoïstes.

D’un point de vue personnel, ce fut une aventure que j’ai préparée moi-même.
Donc réaliser mon objectif (rejoindre Auckland en pédalant le plus possible) fut une grande satisfaction. La satisfaction de voir que ce que j’avais prévu put être tenu, à savoir mon planning par exemple, en dehors de quelques soucis indépendants de ma volonté.

Pour réussir une telle entreprise je pense qu’il faut en particulier :

  • de la persévérance
  • un esprit de combativité
  • une capacité d’adaptation
  • de la patience
  • des capacités de communication
  • une hygiène de vie correcte
  • un bon sens de l’orientation
  • un peu de chance !

Toutes ces qualités, que j’ai et qui se sont plus ou moins développées au fil du voyage, m’ont certainement aidé.bilan-collecte-msf

Pour donner un autre sens à ce voyage j’avais aussi démarré une collecte de fonds pour l’ONG Médecins Sans Frontières. J’espérais collecter 1 € / 10 km, ce fut un peu moins au final par rapport à ce que j’ai vraiment pédalé : 1’000€  pour 13’591 km. Je remercie les 15 donateurs qui se sont sentis concernés. Je suis donc satisfait d’avoir pu susciter un certain élan de générosité et que ce voyage ait pu revêtir une dimension solidaire et pas uniquement personnelle.

D’un point de vue plus personnel, ce voyage m’a permis de rencontrer Sanaz.
Ce fut une aventure formidable de partager ce voyage ensemble et ce n’était pas gagné d’avance.
Sanaz n’avait quasiment jamais fait de vélo donc elle a dû s’adapter et j’ai moi-même dû m’adapter à elle.

Je n’avais jamais passé de nuit dans un hôpital et ma mésaventure en Australie m’a sensibilisé à ça, en particulier au coût de la santé, après avoir vu la facture!

Après mon arrestation en Iran, je me suis également rendu compte de la chance que nous avons de vivre en liberté. On ne s’en rend pas forcément compte parce qu’on prend ça pour argent comptant, mais on a beaucoup de chance.

 

J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir réaliser ce voyage et je remercie sincèrement toutes celles et tous ceux qui y ont contribué.

 


GB (to be completed…)

Well, the trip is over…
Back home.
After completing the blog, it is time to make an assessment of this adventure.
Hard to try and summarize such an adventure but I am often asked the same things so I’ll answer the questions I am asked the most:

  • 1. How long did I travel?

As the blog indicates rather well in my opinion, the trip lasted exactly 339 days.
This represents 11 months and 3 days. It is rather what I had planned, namely back in April/May 2016.

Over these 339 days, the countries where I stayed the longest are:
1. New Zealand                     53 days
2. Australia                           47 days
3. Iran                                      38 days
4. Thailand & Malaysia     27 days
6. China + Hong Kong        21+4=25 days
7. Turkey                                23 days
8. Greece                                14 days

Conversely, countries where I stayed for the shortest time are:
1. Slovenia                                   2 hours (26 km of cycling)
2. USA                                           2 hours 50 minutes (transit in Los Angeles airport!)
3. France                                       4 hours (not counting time spent embassy / consulate!)
4. Germany                                  4 hours 30 (transit at the airport of Frankfurt)
5. Turkmenistan                         1 day
6. Singapore                                2 days
7. Bosnia and Herzegovina     3 days
8. Switzerland & Kazakhstan 4 days

 

  • 2. How many countries did I travel through?

27 if considering Hong-Kong as a country (different currency and visa requirements) but in 2 of them I didn’t cycle, USA and Germany, just transit through airports.

bilan-pays-distance

  • 3. Did I travel alone?

 

  • 4. Did I cycle all the time?

 

  • 5. Which distance did I travel?

distance-par-mois

bilan-transports

  • 6. What is the longest distance I have cycled?

 

  • 7. How long per day, on average, did I cycle?

 

 

  • 8. How long per day did I cycle?

On average, over the 218 days of cycling, I pedaled 789h/218 = 3 hours 37 minutes.
Over the 175 legs it is however 745h/175 = 4 hours 16 minutes.

The longest leg was the penultimate of the South Island in New Zealand with step 8 hours 51 minutes, just 1 minute more than to cycle from Podstrana (Croatia) to Mostar (Bosnia).
Only
– 9 times I pedaled more than 8 hours,
– 8 times between 7 and 8 hours,
– 15 times between 6 and 7 am
– and 29 times between 5 and 6 hours.

 

  • 9. What was my favorite country?

I don’t like having to classify countries as each was positive.
Nevertheless, I still probably keep best memories of some of them.
– Thailand was nice in many ways.
– New Zealand despite the mixed weather was magnificent.
– Australia, also particularly due to its disproportionate geography and the kindness of many hosts.
– Albania was a good surprise and a bicycle challenge with its many roads along the mountains that flow into the Adriatic Sea.
– Turkey was also interesting with lots of friendly and warm-hearted people.

Conversely Turkmenistan was not my favorite country nor Uzbekistan.

 

  • 10. Did I experience difficulties of communication?

 

  • 11. Was I scared?

 

  • 12. Did I want to give up?

Once I took the decision to go I never wanted to back down.
Apart from the arrest in Iran which greatly « disappointeded » me, I never lost my motivation.

 

  • 13. How many punctures did I have?

11 times I had punctures, which on average is thus 1’235 km between each.
Knowing that the first occurred in Turkey after 61 days and 3’500 km with this tire.
The second happened 25 days later in Baku on the way back from the store where I bought a new tire!
My Schwalbe Marathon having a defect and being no longer neither comfortable nor safe.
Impossible to find a Schwalbe. So I opted for Kenda, a brand I didn’t know, but that is widespread in Asia and America from what I saw.

This tire (foldable) suffered 6 punctures in 3 months within 3’500 km

In Bangkok, I could buy a Schwalbe Active that held pretty well with only 3 punctures until the end, within 5’000 km.
Some punctures were quite hard to repair. In Beijing, for example, I had to stop 4 times between the airport and the hostel to repair in the rain. In New Zealand I also had to struggle before Tekapo …

carte-crevaisons

  • 14. Did I experience any technical problem or did anything break?

 

  • 15. What kind of accomodation did I use?


I slept most nights using paying accommodation:

– 100 nights in youth hostels / hostel,
– 58 nights in hotels,
– 1 night bed and breakfast and 9 nights camping fee.

On the other hand, I stayed for free:
– 129 nights homestay with 53 different hosts in 14 different countries
– 22 nights free camping

The rest of the nights was spent:
– On public transport
– 9 nights in a train (in 6 countries)
– 4 nights in a bus
– 3 nights in a plane
– 1 night at the hospital!

hébergements.jpg

  • 16. How expensive was the trip?

 

  • 17. Did I meet other cycle tourists?

I’ve met some 70 times in 18 countries. A hundred fellow cycle tourists in total!
They were of about 30 different nationalities!
liste-cyclistes-croises

The country where I came across the most was New Zealand: 25 of them in 12 different locations!

 

  • 18. What was the hardest part?

Climate (extreme temperatures, head wind)

Uphills

Dogs trying to bite me

Dealing with the police (15 times in 9 different countries!)carte-police

Visa applications

Stand-up toilets!

  • 19. Is it hard to come back after such a long trip?

I knew it was planned from the beginning so I was prepared. It’s true that it feels bizarre to become « sedentary » again. Moreover very jet lagged, during 10 days! But I adapt quickly.

 

  • 20. Did I want to stay in any country?

Not at all. The goal was to travel, to go from point A to point B and back to France.

  • 21. Do I plan to start again?

Originally I thought about carrying on across the Americas after New Zealand. But it would have taken me too much time. Maybe one day I will, at least part of it…
But there are also other places to cycle and you don’t have to go far to find beautiful paths.

 

  • 22. What did it bring to me?

 

I was very lucky to have the opportunity to realize this trip and I sincerely thank all those who have contributed.

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